Tout ce que vous devez savoir sur les lifting à fils (tenseurs et maillage)

par agatheverguin

Lire

La nouvelle mode en matière de lifting est une technique tirée à 4 épingles ou plutôt à fils. En effet, le V-lifting ou lifting à fils est une méthode qui revient à la mode après un succès fulgurant dans les années 90. Pourtant cette technique de rajeunissement est loin d’être plébiscitée par tous les chirurgiens esthétiques, notamment à cause de la douleur ou encore des asymétries qui résultent de l’opération. En quoi consiste cette méthode, et que faut-il savoir avant de se lancer. Voici notre décryptage.

Des fils pour lifter, pourquoi et comment ?

Cette technique de lifting consiste à insérer des fils très fins dans des zones ciblées sous le derme, en suivant certains axes de tension. Il existe deux sortes de fils sur le marché de l’esthétique en Europe, tenseurs ou de maillage, avec des indications bien différentes pour chacun d’entre eux. Ces fils sont comme certains fils de suture résorbables, c’est à dire progressivement « digérés» par l’organisme ce qui provoque ainsi une réaction inflammatoire qui stimulerait la production de collagène neuf. Résultat : une redensification plus ou moins importante de la peau, selon le type de fil, visible dans les 6 à 12 semaines après l’intervention et durable pendant un an environ. Dans certains cas, le traitement peut combiner à la fois la pose de fils plus des injections d’acide hyaluronique.

Lifting-fils-tenseurs

Il existe deux sortes d’interventions selon le type de fils choisi : les fils de maillage ou les fils tenseurs.

Les fils de maillage

Ils sont envisagés quand la peau se fait moins dense et marque un peu, dans le cas de l’apparition des premières principalement. « On crée une trame collagénique qui génère une petite tension et permet d’adoucir les sillons, de renforcer les commissures ou de maintenir les joues. Cela restructure la peau à partir de 35 ans, mais cela ne la remonte pas. », explique le Dr Hugues Cartier, dermatologue, secrétaire de la SFME (Société française de médecine esthétique). Ces fils appelés également les Mésofils sont lisses, fins et longs de 3 à 9 centimètres. Chacun est relié à une aiguille, le chirurgien les place un par un aux endroits prévus, après avoir appliqué une crème anesthésiante une heure avant la pose. Durée de l’intervention : de 15 à 30 minutes. Coût : de 500 à 800 € la séance.

Les fils tenseurs

Ces fils là s’adressent plutôt aux femmes de 45 ans et plus, qui ont un début d’affaissement des pommettes et des joues, un ovale moins net ou des sillons qui se marquent. « On obtient une légère traction de la peau qui donne d’excellents résultats encore visibles un an après. Cela marche dans un concept de maintenance globale, mais pas chez une femme de 55-60 ans qui n’a jamais eu recours à la médecine esthétique », explique le Dr Sebagh, réputé pour sa clientèle londonienne VIP (Cindy Crawford, Elle Macpherson par exemple). Pour cette intervention, le chirurgien injecte d’abord un anesthésique puis insèrent les fils un par un mais en suivant un marquage en V, en U ou en Z, les ressort puis tire dessus pour créer la tension souhaitée avant de couper l’extrémité. L’effet est optimal trois à six semaines plus tard et tiendrait jusqu’à deux années. La condition : une peau encore élastique, ni trop fine ni trop lourde, mais assez épaisse pour masquer les fils. Durée de l’intervention : de 30 à 45 minutes. Coût : de 1200 à 1 500 € la séance.

getty

Pourquoi faut-il s’en méfier ?

Si la méthode peut séduire car offrant un résultat plus naturel que le botox, il est néanmoins important de prendre en compte certains aspects de ce type d’intervention. Notamment parce qu’il n’y a pas d’études scientifiques qui prouvent l’efficacité de cette méthode, et que les complications post-opératoires ne sont pas toutes connues. Chaque individu réagissant différemment à la pose des fils. La douleur liée à l’opération qui est normale les premiers jours peut parfois persister dans le temps. En cause la sensation des fils lorsqu’on fait certaines mimiques par exemple, ce qui provoque une gêne considérable. Autre problème, la pose des fils. « Cela exige une bonne connaissance de l’anatomie: il faut les positionner au bon endroit pour un résultat naturel et sans asymétrie » convient le Dr Kron, chirurgien esthétique. Par ailleurs, ce n’est pas anodin d’introduire un étranger dans la peau, même résorbable. « On évoque l’innocuité des fils de suture, mais on n’en place jamais dix, vingt ou trente dans le visage! » souligne le Dr Patrick Trévidic. Le risque : une réaction inflammatoire excessive, qu’il faudra traiter par la suite…

En résumé, si la technique a eu un franc succès dans les années 90, ce n’est pas pour rien qu’elle a ensuite vite été oubliée. Peu fiable, douloureuse et plus chère, les effets négatifs du lifting à fils sont presque plus nombreux que ceux du botox. Et une certitude : le résultat est décevant si on en attend l’efficacité de la chirurgie esthétique classique. Morale : aimer vos rides, ça fait pas mal et en plus ça vous coûtera moins cher…