Tout ce que vous devez savoir avant de vous exposer au soleil !

par magali

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Les vacances, le soleil, la plage : tant d’évocations qui nous font rêver et nous font tenir le coup tout le reste de l’année. S’il n’y avait pas cette ombre au tableau que représente le risque de cancer de la peau…. Nous connaissons bien les inconvénients liés à l’exposition au soleil, et pourtant nous voulons profiter de ses bienfaits sur notre teint et notre moral. Du coup, la quête de la protection UV idéale semble parfois encore plus compliquée que la recherche de la destination de rêve pour nos vacances…

Pour nous aiguiller sur ce sujet complexe, le Dr. Franck DESASY, médecin esthétique et co-fondateur du Label AAC, le 1er label Qualité en médecine esthétique, a accepté de répondre aux questions que nous nous posons toutes. Confronté aux conséquences parfois irréversibles des méfaits du soleil sur la peau dans le cadre de son métier, il a partagé avec nous sans tabou sa science à ce sujet.

Beautistas

1. Minéraux ou chimiques, quels sont les filtres solaires les plus efficaces ?

Quelle est vraiment la différence? Lesquels sont les meilleurs pour la peau et mon organisme ?

Les filtres minéraux (talc, oxyde de zinc, dioxyde de titane, kaolin) que l’on retrouve dans les crèmes solaires pour enfants et peaux sensibles, sont plus efficaces. Ils reflètent la lumière UV exactement comme un miroir à la surface de la peau. Comme ils ne pénètrent pas dans la peau, ils sont plus difficiles à étaler et peuvent former une pellicule blanchâtre à la surface de la peau.

Les filtres chimiques sont des composés organiques (comme l’oxybenzone, le buthylmethoxydibenzoylmethane, l’octylsalicylate…) qui absorbent et interagissent avec la lumière UV exactement comme la mélanine de notre peau. Comme ils pénètrent mieux dans la peau, ils sont plus facile d’utilisation mais sont moins efficaces et peuvent provoquer des allergies et parfois des effets toxiques sur l’organisme et sur l’environnement.

2.  Comment choisir l’indice de protection solaire qui me correspond vraiment ?

L’Indice de Protection (IP) d’une crème solaire ou Facteur de Protection Solaire (FPS) ou Sun Protection Factor (SPF) est une mesure fiable de son efficacité contre les UVB responsables des coups de soleil (érythème). Il n’existe pas d’indice de protection reconnu contre les UVA. Plus l’indice est élevé, plus la crème protège contre les coups de soleil. Un écran total n’existe pas. Il correspond au rapport de la dose d’UVB nécessaire pour obtenir un coup de soleil, avec et sans crème solaire. Exemple :

Si une personne a un coup de soleil au bout de 10 min sans protection, il faudra 150 min pour avoir le même coup de soleil avec une indice 15.

Lors d’une exposition solaire, chaque personne réagit différemment en fonction de la teneur de sa peau en mélanine. Il existe une classification (Fitzpatrick) de 6 phototypes selon la couleur de la peau et la réactivité au soleil.

Phototype 1 : Peau très claire avec taches de rousseurs, blonds ou roux – Ne bronze jamais et attrape systématiquement des coups de soleil – Eviter l’exposition solaire ou indice 50+.
Phototype 2 : Peau très claire, cheveux blonds ou châtains avec taches de rousseurs qui apparaissent au soleil – Bronze difficilement et attrape souvent des coups de soleil – Indice 50 ou 50+ en fonction de l’intensité de l’exposition*.
Phototype 3 : Peau claire, cheveux blonds ou châtains – Bronze progressivement et a parfois des coups de soleil – Indice 30 à 50 en fonction de l’intensité de l’exposition*
Phototype 4 : Peau mate, cheveux bruns ou châtains – Bronze bien et attrape peu de coups de soleil – Indice 20 à 40 en fonction de l’intensité de l’exposition*
Phototype 5 : Peau foncée – Bronze facilement et a rarement des coups de soleil – Indice 10 à 30 en fonction de l’intensité de l’exposition*
Phototype 6 : Peau noire – N’a jamais de coup de soleil – éventuellement Indice 10 en fonction de l’intensité de l’exposition*

*L’intensité de l’exposition solaire dépend : du lieu (plage, montagne…), du moment de l’exposition (saison et heure de la journée) et de la météo.

3.  Je connais les dangers du soleil mais je souhaite tout de même bronzer : Quel comportement adopter ?

  • Eviter les expositions statiques prolongées l’été durant les heures de la journée où le soleil est le plus fort. En France, l’été, éviter les expositions statiques prolongées entre 12 et 16 h.
  • Choisir un indice de protection adapté en fonction de votre phototype.
  • Ne pas hésiter à mettre une bonne couche de protection et renouveler l’application toutes les 2 à 3 heures.

Je peux vous proposer une règle simple pour limiter les contraintes : choisir un indice de protection élevé par rapport à votre phototype et faire une application à 9h, 12h et 15h.

  • Porter des lunettes de soleil avec protection UV adaptée et se couvrir la tête. Le soleil oui … à petite dose et avec une protection adaptée

4. L’autobronzant est-il une bonne alternative ?

Oui, il est possible d’obtenir en quelques heures un teint halé avec un sans avoir les inconvénients de l’exposition prolongée au soleil notamment pour les phototypes 1 et 2. Les produits autobronzants contiennent un agent chimique appelé DHA (Dihydroxyacétone) qui n’est pas absorbé par l’organisme. Il interagit avec les cellules mortes de la couche cornée de la peau (kératinocytes) pour leur donner une coloration un peu brune.

Est-ce nocif pour la santé ?

Si les autobronzants ne sont pas nocifs pour la santé, ils peuvent parfois être associés en cosmétologie à d’autre substances (parfum, conservateurs…) qui peuvent provoquer des allergies. De même, l’auto-bronzage n’apporte ni les bienfaits du soleil lié à la synthèse de la vitamine D et de la mélatonine (hormone régulant notre rythme biologique et ayant une action positive sur notre moral) ni la protection contre les UV comme le fait la mélanine du naturel. D’autre part, la desquamation des cellules mortes fait disparaître l’auto-bronzage progressivement en quelques jours.

Pour appliquer son autobronzant sans paniquer, on suit notre guide Comment bien appliquer son autobronzant !

5. Est-il nécessaire de porter une protection UV toute l’année ?

Même l’hiver ? Et quand il y a des nuages ?

L’intensité des rayonnements UV varie surtout avec la hauteur du soleil dans le ciel (position géographique, saison et heure de la journée). Attention, les temps nuageux sont trompeurs: seuls les nuages épais bloquent en partie les UV, les nuages fins au contraire les dispersent. Alors que le risque de coups de soleil dus aux UVB est diminué au travers de nuages épais, ceux-ci n’arrêtent pas les UVA, la cause principale du prématuré de la peau. Donc même si l’intensité des rayonnements est moins importante en hiver ou au travers de nuages, ils peuvent tout de même être la cause de brûlures (exemple : voile nuageux fin, avec petite brise fraiche…).

Conclusion : Même si en hiver et par temps nuageux les UV sont en règle générale atténués, avec un risque plus faible de brûlures, ils sont quand même responsables des effets néfastes à long terme de l’exposition solaire. C’est ce phénomène cumulatif, appelé photo-vieillissement, qui sera à l’origine de la perte d’élasticité et du relâchement cutané avec apparition des rides, des ridules, et des taches.

6. Quels sont les risques d’un coup de soleil ?

Que se passe-t-il dans ma peau ?

Le coup de soleil est un érythème actinique provoqué principalement par les UVB (80%) mais aussi par les UVA (20%). Cet érythème est la conséquence d’une vasodilatation servant à refroidir la surface de la peau mais est également le résultat de la production de nombreuses molécules qui favorisent l’inflammation. Il est associé à un œdème douloureux avec parfois exsudation plasmatique et formation de bulles. La brûlure du coup de soleil peut aller jusqu’à la brûlure de 2ème degré superficielle!

Après 24h, le coup de soleil est responsable de l’altération des cellules de l’épiderme aboutissant à la formation de « sun burn cells » qui vont mourir prématurément et entraîner une desquamation rapide et importante.

Les rayons UVB s’arrêtent à l’épiderme, endommagent l’ADN et altèrent les cellules épidermiques. Les UVA endommagent aussi l’épiderme mais pénètrent plus profondément jusqu’au derme en altérant le collagène et l’élastine qui donne à la peau sa fermeté et son élasticité.

Quels sont les risques à long terme ?

A long terme, cette destruction sera responsable de l’apparition des ridules, des rides, de la perte d’élasticité et du relâchement cutané et des taches. Les lésions cutanées dues aux brulures du soleil peuvent entrainer des taches pigmentaires appelées taches de vieillesse. Elles peuvent également provoquer un épaississement épidermique rugueux et des petites excroissances cutanées que l’on appelle kératose actinique.

Des études récentes ont montré un rôle des UVA dans l’augmentation du risque de mélanome, un cancer de la peau très dangereux sous la forme de lésions colorées. Celui-ci est  qui est provoqué par des expositions intenses de courte durée notamment dès l’enfance. Il existe une corrélation entre le risque de mélanome et la fréquence et la sévérité des coups de soleil avant 20 ans.

7. Comment soigner/guérir sa peau après un coup de soleil ?

Une fois le coup de soleil installé, il n’y a malheureusement pas de traitement miracle. Seuls les symptômes, comme la douleur ou le prurit, peuvent être soulagés par l’application de crèmes hydratantes comme la Biafine, les crèmes anti-inflammatoires à base d’hydrocortisone et les crèmes à base d’aloe vera. En cas de douleur importante, il est possible de prendre des AINS (Anti Inflammatoires Non Stéroïdiens). Des crèmes plus sophistiquées peuvent être utilisées, comme les crèmes que l’on utilise après les peelings contenant des antioxydants et de l’acide hyaluronique. Mais dans tous les cas, il faudra laisser faire le temps pour la réparation cutanée et surtout ne pas réexposer les zones brulées aux rayonnements  (ou utiliser une protection maximale).

8. Les taches de soleil portent-elles bien leur nom ? Ces dyschromies cutanées sont-elles véritablement dues au soleil?

Les taches de soleil sont des taches pigmentaires appelées lentigines (brun clair) ou lentigos (brun foncé). Il existe également les éphélides (taches de rousseur). Elles sont à différencier des naevus (grains de beauté) du à une prolifération de mélanocytes.

Appelées également taches de vieillesse, les taches de soleil sont des lésions qui se voient essentiellement sur les zones du corps exposées au soleil, d’où leur nom. On les retrouve ainsi sur le visage, le décolleté, les épaules et le dos des mains. Leur localisation et leur survenue tardive, témoignant d’une consommation du « capital soleil », prouvent le lien entre leur apparition et l’accumulation de l’exposition solaire. Avec tous ces bons conseils, vous pouvez désormais vous laissez hâler en toute tranquillité!

Vous voulez savoir plus en détail comment éliminer les taches pigmentaires ? Lisez notre guide d’achat Comment traiter les taches brunes !

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L’Expert : Dr Franck Desasy

Dr. Franck DESASY est diplômé inter-universitaire de Médecine Eshétique et Anti-Âge ainsi que membre du Collège International de Médecine Esthétique de Paris. Depuis 2013, il est également Président Fondateur du label AAC (Aesthetic Art Clinic), 1 er label Qualité en Médecine Esthétique. Né d’un besoin de confiance exprimé par les patients, les professionnels et les autorités de santé, le label AAC a pour ambition d’informer, de guider et de sécuriser la qualité des soins. L’initiative a été élaborée et validée par un comité d’experts reconnus en médecine esthétique.

Et pour tout savoir sur un bronzage durable, lisez notre guide Comment prolonger son bronzage !