Eclairage sur la transidentité et les opérations transgenres

par manonsafavi

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Bye bye Bruce Jenner, welcome Caitlyn Jenner! En l’espace de 4 heures, le compte Twitter de Caitlyn Jenner est passé de 0 à plus d’un million de followers. Les transgenres fascinent, dérangent, choquent voire révoltent. Ils ne laissent pas indifférents comme en témoigne les millions de réactions sur la Toile suite à la Une du Vanity Fair américain, avec une Caitlyn Jenner glamour photographiée par Annie Leibovitz. Un homme devenu femme en couverture d’un grand magazine mais également un athlète médaillé olympique qui à 65 ans décide de changer de sexe. Certains s’insurgent comme Jennifer Bradford qui a lancé une pétition demandant à l’ex-athlète de rendre sa médaille olympique. Une initiative qui a déjà recueilli plus de 13 000 signatures. Le sujet déchaîne les passions et enflamme les médias. L’effervescence autour du changement de sexe de Bruce Jenner interroge. Mais savez-vous vraiment ce qu’implique la transidentité ?

Vanity Fair US - Annie Leibovitz

Caitlyn Jenner par Annie Leibovitz, pour le Vanity Fair US

Qu’est-ce qu’être transgenre ?

On parle de transgenre lorsque l’identité genrée -psychique et sociale- d’un individu diffère de son sexe biologique. Autrement dit lorsqu’un homme se sent femme, ou une femme se sent homme. Une situation parfois embarrassante pour les autres car elle bouscule les schémas habituels. Comment un individu peut-il naître avec la certitude d’être d’un autre sexe que celui que son est ? Les spécialistes eux-mêmes n’ont pas la réponse. Mais s’accordent sur le malaise des personnes transgenres qui ne vivent pas en accord avec ce qu’elles sont, qui n’assument pas leur transidentité.

En France, on estime à environ 15 000 le nombre de personnes transgenres mais il s’agit d’une minorité difficilement quantifiable. Autre chiffre: il semblerait qu’il soit cinq fois plus fréquent qu’un homme se sente femme, que l’inverse. Bien que les transgenres soient encore relativement marginalisés, certaines avancées existent. Par exemple, l’opération de changement des parties génitales est d’ores et déjà prise en charge par la Sécurité Sociale si la personne remplit certains critères. Notamment, avoir 25 ans révolus et être suivi par un psychiatre et un endocrinologue.

La transformation physique

Dans certains pays, lorsque cette différence entre état psychique et biologie est détectée avant la puberté, on peut prescrire des inhibiteurs hormonaux. Une solution temporaire avant que les individus atteignent la majorité et puissent recourir à la chirurgie pour modifier leur apparence. De façon plus globale, les personnes qui vont au bout du processus de transformation physique doivent faire preuve de détermination et de patience. Tout d’abord, pour trouver des médecins ouverts mais aussi car les il faut compter minimum trois ans entre les traitements hormonaux, les opérations chirurgicales et le changement de nom à l’état civil.

La vaginoplastie ou phalloplastie est l’ultime étape des tranformations physiques. Au préalable, les individus sont nombreux à subir des opérations telles qu’une augmentation mammaire ou encore une rhinoplastie par exemple. Ce n’est qu’à la suite de ces opérations de féminisation ou de masculinisation faciale et/ou corporelle que  vient la chirurgie dite de réassignation sexuelle. Cependant, cette étape n’est pas obligatoire, tous les transgenres ne font pas ce choix.

La pression sociale

Au-delà du temps nécessaire à la transformation physique, c’est le regard des autres qui est difficile à supporter. Les transgenres sont une minorité invisible fragile. Cette partie de la population est particulièrement sujette aux suicides et aux dépressions. On estime à 1/3 le nombre de transgenres qui auraient tenté de mettre fin à leur jour. La différence de ces personnes peut constituer un obstacle dans leur vie professionnelle; mais également dans leur vie personnelle Certains individus sont victimes de rejets de la part de leurs proches (familles, amis, conjoints, enfants).

On salue le courage de ceux qui assument d’être transgenre, notamment ceux qui partagent leurs photos avec le hashtag #MyVanityFairCover et on rappelle que la beauté c’est avant tout d’être bien dans sa peau.