Méfiez-vous des MSG

par manonsafavi

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Glutamate monosodique. Vous ne connaissez peut-être pas ce mot pourtant cet additif alimentaire est dans les pots de glace que vous consommez, dans certains plats préparés que vous affectionnez particulièrement, etc. Découvert au début du XXème siècle, son histoire un peu folle aux accents japonisants, fait partie intégrante de l’histoire culinaire mondiale. En effet, c’est suite à sa découverte que l’on nomme une nouvelle saveur : l’umami. Depuis plusieurs décennies, le glutamate monosodique est autorisé en France et à l’étranger, il est même décrit comme « inoffensif » par certains scientifiques. Pourtant de sérieux soupçons pèsent contre lui. Avec le glutamate monosodique, notre santé est-elle en danger ? Eléments de réponse.

Le kombu dashi, un bouillon japonais

Le kombu dashi est un bouillon à base d’algues très populaire au Japon. iStockEn 1908, le professeur Ikeda, scientifique japonais, s’intéresse à son goût. Il met alors à jour une sorte d’acides aminés présente dans cette algue. Côté papilles, difficile de décrire cette saveur. Certains la décrivent comme ayant le goût de viande, d’autres emploient le terme de savoureux. Aux côtés du sucré, du salé, de l’acide et de l’amer, l’umami fait donc figure de 5ème saveur. Le glutamate est naturellement présent dans certains aliments tels que les tomates, le parmesan, le roquefort ou encore les jus de fruits par exemple. Il n’a rien de toxique, au contraire. C’est son dérivé : le glutamate monosodique qui soulève des questions.

L’umami : un exhausteur de goût

C’est pour apporter de l’umami à un plat que le glutamate monosodique est ajouté aux préparations culinaires. Composé de glutamate synthétisé et de sodium, cet additif alimentaire ne peut être consommé seul. On peut véritablement dire qu’il se révèle lorsqu’il est associé à d’autres saveurs. C’est pourquoi il est classé parmi les exhausteurs de goût. Couramment employé par les industries agro-alimentaires, le glutamate monosodique (MSG) permettrait de diminuer la teneur en sel de certains produits/ plats. En accord avec les recommandations sanitaires du moment qui incitent à baisser drastiquement la consommation en sodium des individus.

De lourds soupçons

A la fin des années 1950, le glutamate monosodique est la cible de critiques virulentes suite à une étude scientifique menée sur des souris. iStockAu terme de celle-ci, un constat : on observe une dégénérescence nerveuse des souris ayant consommé des aliments à base de MSG. Depuis, de nombreux scientifiques sont revenus sur le sujet et les administrations américaines (notamment la très puissante FDA – Food and Drug Administration) et le Parlement Européenn, ont conclu à son caractère inoffensif pour l’homme. Pourtant, des citoyens continuent à se battre accusant le MSG de provoquer Maladie de Parkinson, Alzheimer, Huntington voire la sclérose en plaques. Face à cet additif, les enfants seraient évidemment les plus vulnérables. Si vous cherchez à la traquer, dans la liste des ingrédients figurant sur chaque plat, son petit nom est le E621.  Pour information, il est autorisé à hauteur de 10g/kg par le Parlement Européen. Peut-être une preuve que consommé à haute dose ces effets peuvent être néfastes.

Balayées par les autorités sanitaires, les incriminations sérieuses à l’encontre du MSG n’en restent pas moins toujours vives au sein de certains courants de la population. Difficile de dissocier le vrai du faux dans cette guerre des mots et des études scientifiques, orchestrées par les puissants lobbys de l’industrie agro-alimentaire. Dans le doute, mieux vaut tenter de réduire sa consommation de MSG, non ?