Le lactose : faut-il en faire tout un fromage ?

par claire-wyniecki

Lire

On parie que durant ces dernières semaines au moins une de vos amies vous a annoncé la suppression radicale du lactose dans son alimentation ? Tout comme le gluten, le lactose est étiqueté comme « méchant méchant » dans notre imaginaire collectif. Sans trop savoir pourquoi, on se surprend nous aussi à en manger moins, pour essayer de suivre la vague healthy. Mais quelles sont les réelles questions soulevées par le lactose ? Notre enquête.

Qu’est-ce que le lactose ?

Le lactose est un sucre complexe que l’on retrouve en grande quantité dans les d’origines animales (lait de vache, de brebis, de chèvre). Le lactose est digéré par notre organisme grâce à la lactase, une enzyme digestive qui sert à sa dissolution en une molécule de glucose et une molécule de galactose afin de favoriser la digestion du lait.

Pourquoi le lactose est-il difficile à digérer ?

Comme tout mammifère, nous sommes programmés pour être nourris de lait maternel (donc animal…) dès notre petite enfance. La nature étant bien faite, la lactase est donc tout naturellement présente chez l’enfant pour permettre la bonne digestion du lait animal. Mais cette capacité disparaît assez tôt, environ vers 3 ans au moment du sevrage complet, chez la plus grande partie de la population mondiale. Mal digérer le lait animal est donc « prévu » dans l’évolution de notre ADN. Cependant chaque personne adulte réagit différemment. Certaines continueront à le consommer en grande quantité sans aucun problème de digestion, d’autres se sentiront un peu gênées, et des cas plus prononcés ne pourront pas supporter le lactose du tout. Dans un cas d’intolérance, les symptômes sont gênants mais absolument pas graves : ballonnements, diarrhées, crampes intestinales, vomissements ou parfois amaigrissement.

Pouring milk from white plastic bottle into glass on blue backgr

Peut-on s’habituer à une intolérance au lactose ?

Le problème de notre manière actuelle de nous alimenter est que nous sommes tellement réglés par des « conventions sociales » que nous consommons des aliments par réflexe. En France, la bonne famille qui fait attention à manger sainement s’impose par exemple très souvent un yaourt à la fin du repas. Bien que le lait ne soit pas si digeste, notre est donc habitué à supporter l’ingestion de lactose à haute dose quotidiennement et a appris à faire avec un certain inconfort. Diminuer son apport en lactose est donc un premier pas qui ne peut pas faire de mal pour se rendre compte de la sensation de confort corporel (voire moral) que ce petit ajustement dans l’alimentation peut déclencher.

 Où trouver du calcium en dehors des produits laitiers ?

Bien que de nombreuses marques de produits laitiers proposent désormais des articles allégés ou dépourvus de lactose, beaucoup de personnes décident de stopper radicalement les produits laitiers d’origines animales. Pour éviter une carence, il faut donc se tourner vers d’autres aliments riches en calcium : les légumes à feuilles vertes (on rappelle que la vache, qui produit le lait, ne consomme que de l’herbe !), les amandes, les fruits secs, les figues, les oléagineux…

AlmondsMais ce qu’il faut surtout retenir c’est que le calcium ne peut être fixé qu’avec un bon taux de vitamine D. Cela va de pair. Vous pourrez absorber autant de calcium que vous voudrez, si vous êtes carencé en vitamine D, vous ne le fixerez pas. Or il n’y a que dans les yaourts avec lait d’origine animale que l’on peut trouver directement le mixte calcium + vitamine D. Si l’on n’en consomme pas, il faut miser sur d’autres sources de vitamine D tels que les poissons gras et surtout le soleil (un peu chaque jour même en hiver !).

Faut-il se méfier des produits laitiers à 0% de matière grasse ?

Exit les idées reçues ! Un yaourt (ou un lait) allégé en matière grasse est simplement un produit dont on a supprimé le gras, mais en aucun cas les vitamines et minéraux. Les bienfaits seront donc les mêmes. Mais un bon yaourt au lait entier, c’est tellement meilleur en goût !

Quels sont les risques de l’automédication et du régime sans lactose non contrôlé ?

Gare aux régimes drastiques sans l’avis d’un médecin ou d’une personne spécialisée dans les questions de diététique. De nombreuses personnes remplacent le lait animal par des laits végétaux tels que les laits d’amande, de riz, de soja… Ces laits présentent bien sûr un certain nombre de vertus excellentes pour la santé et il est toujours bien plus bienfaisant de varier les aliments. Cependant, il ne faut pas croire qu’un lait d’amande remplace exactement un lait de vache au niveau des propriétés. Chacun a des propriétés propres et si l’un n’apporte pas une propriété, il faudra aller la chercher dans un autre aliment.

 Gare au soja !

Remplacer radicalement votre consommation de lait animal par des produits au soja est une source de dangers pour votre santé. Le soja est reconnu comme un perturbateur endocrinien qui peut venir tournebouler votre équilibre hormonal. C’est donc remplacer un aliment difficilement digérable mais non dangereux pour la santé – le lait animal – par un aliment qui peut avoir des effets vraiment nocifs.

Beautistas_yaourtsDécidément, nous voilà porteurs de mauvaises nouvelles ! Mais loin de nous l’idée de vous priver de vos petits plaisirs lactés. Si vous n’avez pas d’allergie avérée au lactose (vous seriez déjà au courant tellement les allergies alimentaires sont violentes), notre conseil est de réduire votre apport en laits d’origines animales. Vous n’avez pas besoin de manger un produit laitier à chaque repas, ni même chaque jour, vos os ne s’en porteront pas plus mal. Variez plutôt les sources de calcium à travers les légumes et n’oubliez pas de les combiner avec des sources de vitamine D. N’hésitez pas à remplacer régulièrement le lait d’origine animal par du lait d’amande dans vos préparations sucrées (crèmes pâtissières, gâteaux, crêpes) ou du lait de riz dans vos préparations salées (cakes, quiches, etc.).

Tout comme pour le gluten, ne soyez pas trop stricte en supprimant radicalement le lactose de votre alimentation. Tant que vous vous sentez en forme, vous n’avez pas besoin de mesures si drastiques. Cependant, réduire votre consommation, ce qui vous amènera aussi à varier beaucoup plus votre alimentation et à vous intéresser à ce qu’il y a dans votre assiette, vous apportera sans aucun doute un confort global ressourçant et très motivant pour prendre un peu plus soin de vous par l’alimentation.