Tendance no-poo : décryptage et test

par claire-wyniecki

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Se laver les , c’est tellement 2013 ! En 2014 ,les beautistas ont chamboulé leurs routines capillaires au profit du No-Poo (comprenez no-shampoo) et saturé la toile de leurs débriefs pas à pas. Simple coup de buzz ou véritable geste salvateur pour la santé capillaire ? Découvrez notre décryptage de la tendance et notre bilan, après plusieurs mois d’expérience.

  Qu’est ce que le no-poo ?

Le no-poo consiste à ne plus se laver les cheveux. Du moins, quelques très rares shampooings à base de produits naturels suffisent. Pour adopter cette technique radicale, il faut cependant passer par un certains nombre d’étapes intermédiaires.

 Etape 1 : espacer les shampooings

C’est la babeautistas-maizenase à ne surtout pas négliger pour laisser le temps aux cheveux de se désintoxiquer des habitudes passées. Il s’agit de passer petit à petit d’un tous les deux jours à un shampooings tous les trois jours, et ainsi de suite jusqu’à arriver à un lavage par semaine. Pour garder un aspect propre, le est l’allié idéal. Il faut savoir que la fécule de maïs (oui, la maïzena !) saupoudrée en tout petite quantité sur les racines fait aussi bien le travail que le shampooing sec en spray (plus chimique). Petite astuce maison : les brunes peuvent même agrémenter ce shampooing sec de cacao pour parer l’effet blanc poudreux sur le dessus de la tête.

 

Etape 2 : l’importance du brossage

C’est l’une des clés de réussite de la méthode. Un brossage quotidien des cheveux, à raison de 2-3 minutes matin et soir, permet de répartir le sébum sur la longueur afin qu’il ne stagne pas sur les racines et qu’il vienne nourrir les cheveux jusqu’aux pointes. Il faut éviter d’utiliser une à picots en plastique, qui ne fait que démêler, et privilégier une brosse en poils (de sanglier de préférence) pour bien étaler le sébum. Il est enfin indispensable de laver la brosse quotidiennement en la frottant avec de l’eau et du bicarbonate de soude.

Etape 3 : la cure de sébum et le low-poo

C’est sûrement l’étape la plus pénible. La phase radicale indispensable pour marquer la transition. Il s’agit de ne plus se laver les cheveux pendant 4 semaines, en s’aidant de shampooings secs, de rinçages (et du port de bonnets…). Le cheveu va ainsi s’habituer à puiser dans ses propres sécrétions pour se rééquilibrer. Au bout d’un mois, le lavage est permis (le graal !) mais à condition d’utiliser des recettes naturelles.

Etape 4 : les techniques de lavage

Bicarbonate de soude Il existe plusieurs recettes de shampooings naturels, à utiliser tout au plus une fois par semaine:

  • La classique, au bicarbonate de soude

2 cuillères à soupe de bicarbonate de soude dans un petit fond d’eau. Appliquer sur cheveux mouillés, masser les racines et laisser ruisseler sur les longueurs. Rincer avec de l’eau vinaigrée (quelques gouttes de vinaigre de vin ou de pomme).

  • Celle de nos arrières grands-mères, aux jaunes d’œufs

3 jaunes d’œufs mélangés à une petite quantité d’eau. Masser sur les racines et laisser poser 2-3 minutes. Rincer à l’eau froide (eau chaude + jaune d’œuf = omelette !) avec de l’eau vinaigrée.

  • La plus douce, à l’argile

2 cuillères à soupe de rhassoul dans une petite quantité d’eau. Appliquer sur cheveux mouillés, masser les racines et laisser ruisseler sur les longueurs. Rincer avec de l’eau vinaigrée. Etape 5 : le no-poo, ou la phase radicale du « Water only » Au bout d’environ 6 mois de persévérance, les cheveux ne devraient plus avoir besoin de lavages et des rinçages à l’eau pourraient suffire. Il est cependant possible de rester à la phase « modérée » du low-poo, en utilisant des shampooings naturels qui n’ont rien de nocif utilisés tous les 7-10 jours.

 Pourquoi le no-poo ?

Tout commence en 2011, lorsque le livre de la coiffeuse new-yorkaise Lorraine Massey « Curly Girl », explique qu’une simple utilisation d’après-shampooing sans sulfates suffirait à laver les cheveux, les après-shampooings sans sulfates étant moins agressifs que les shampooings. Il n’en a pas fallu plus à de nombreuses beautistas en quête de routines plus naturelles pour livrer leurs crinières à de nouvelles expérimentations. Leurs motivations ? Cesser de multiplier les achats de produits qui promettent des miracles pour, au final, rendre les cheveux encore plus fragiles et dépendants, éviter d’absorber les composantes des shampooings industriels (parabènes, sulfates et autres ingrédients pétrochimiques) que l’on sait désormais nuisibles pour la santé, et adopter en même temps un comportement beauté plus écologique et économique.

Les problèmes rencontrés au cours de la démarche de transition

En principe, la propreté des cheveux doit être la même que lors de l’utilisation des shampooings traditionnels. Il faut cependant être mis en garde contre certains problèmes qui peuvent décourager dans un premier temps. Quelques conseils pour tenir le cap :

  • Si les cheveux restent gras

Plusieurs facteurs peuvent être responsables d’une sensation de cheveux encore sales après le shampooing naturel : Si le bicarbonate de soude n’est pas de bonne qualité, que ses particules ne sont pas assez fines, il se dilue mal dans l’eau (on le remarque à une texture pâteuse) et la préparation est moins efficace. Il est donc préférable de l’acheter en pharmacie. Les shampooings naturels ne moussent pas autant que les shampooings industriels et sont donc plus difficiles à appliquer. Pour qu’ils moussent un peu plus, il est possible d’ajouter un petit peu de savon d’Alep à la préparation ou une goutte de shampooing bio liquide.

  • Si la mise en pli est plus difficile

Les cheveux souples ou bouclés pourront devenir plus plats au fil des jours. Il ne faut donc pas hésiter à passer les cheveux sous l’eau pour permettre aux boucles de se redéfinir au séchage.

  • Si les cheveux manquent de nutrition

En l’absence de soins complémentaires, les longueurs peuvent devenir plus rêches et les pointes fourchues. Dans ce cas : Préférer les shampooings aux jaunes d’œufs et à l’argile plutôt que la recette au bicarbonate, plus asséchante. Ne jamais oublier de rincer avec quelques gouttes de vinaigre. Avec son PH acide il rééquilibre le PH du cuir chevelu après le passage du bicarbonate au PH neutre. Nourrir ses longueurs avec de l’huile ou du lait de coco (minimum 90%) en bain avant-shampooing.

Lorsque le cuir chevelu est confronté à une nouvelle routine capillaire, il peut légèrement gratter et laisser apparaître des pellicules. Dans ce cas : Ne pas lésiner sur l’utilisation du vinaigre, excellent antipelliculaire car acidifiant. Faire des gommages  du cuir chevelu de temps en temps avec du gros sel ou du marc de café.

Quels sont les résultats réellement visibles sur les cheveux ?

Après plusieurs mois d’effort, le bilan semble unanime. Les 10 bénéfices ultra désirables sur les cheveux :

  • Ils brillent nettement plus et laissent apparaître des reflets naturels plus nuancés
  • Ils poussent plus vite
  •  Ils sont plus volumineux et donnent une agréable sensation de masse capillaire fournie
  •  Ils sont moins accros aux soins nourrissants
  •  Ils tombent moins
  •  Ils ne grattent plus et ne présentent plus de pellicules
  •  Ils frisottent moins
  •  Ils ne sont plus électriques
  •  Ils repoussent dans les endroits d’implantations auparavant fragilisés
  •  La blogueuse des mercredis de Daphné s’étonne même de voir ses ongles plus forts et de ne plus avoir de petits boutons sur les bras. Le résultat du sevrage aux sulfates ?

Alors, quitte à devoir affronter une rentrée sous le signe de la grisaille et à porter des bonnets dès le mois de septembre, profitez de cette période pour tenter l’expérience !